voici la première nouvelle sur Aliana, sa naissance, son histoire... âmes sensibles s'abstenir...
EVEIL
Salutation A Vous, Oh Frères Et Sœurs Des Ténèbres !
Si vous le permettez, je m’en vais vous conter quelques anecdotes qui ont parsemé ma vie et qui j’espère vous distrairont quelque peu.
Avant toute choses je me présente.
Mon nom est Aliana Déltorin, cela se prononce Déltorine, si, si, j’y tiens.
Je suis née le quatre avril de l’an de grâce mille six cent quatre vingt quatre, j’ai effectivement plus de trois cents ans.
De ma vie mortelle je n’ai que peu de souvenirs, mais qui pourrais me le reprocher, tant de décennies se sont écoulées depuis, toutefois, il existe quelques instants que je n’ai pu effacer, quelques heures que malgré tous mes efforts je ne puis oublier, il s’agit de ma seconde naissance, et c’est le sujet dont ce soir je vais vous parler.
J’étais à l’époque une jeune fille assez jolie, vingt ans à peine et sur le point de me marier.
Mes parents étaient paysans et j’étais leur unique enfant, aussi pour aider à la tâche et afin d’agrandir nos domaines, je devais épouser un fermier dont les terres étaient voisines aux nôtres.
J’avais pour seule amie, Mathilde, une orpheline de mon âge qui était élevée par le curé.
Il lui arrivait souvent de me tenir compagnie et de m’apaiser lorsque j’étais inquiète, cependant malgré toutes ses belles et douces paroles, je ne parvenais pas à aimer Dieu autant qu’elle, je ne pouvais comprendre qu’il laissa faire les injustices et les crimes sans lever le petit doigt, ni qu’en son nom, les hommes aient dû partir en croisade afin de tuer les infidèles.
S’il était si bon et si puissant que le disait la Bible, pourquoi donc ne les ramenait-il pas d’un simple claquement de doigt vers la Vrai Foi ?
Il a écrit sur les tables de la loi tu ne tueras point, alors pourquoi exige t-il tant de morts ?
Enfin bon, laissons donc ceci pour le moment, car là n’est pas le sujet de ce soir.
Nous étions en plein été, l’herbe jaunie et desséchée se faisait rare et chaque jours nous devions pousser les bêtes plus loin à la recherche de nouveaux pâturages.
Depuis peu, des loups écumaient la région et quelques fermiers avaient étés retrouvés déchiquetés auprès de leurs troupeaux massacrés, autant dire que je n’étais pas très fière, mais je n’avais pas le choix, mon père, depuis deux jours atteint de faiblesse, était alité, ma mère le veillait et nous ne pouvions pas garder les bêtes à la ferme car il n’y avait pas assez de nourriture.
Ce soir là, l’orage couvait, l’air était lourd et les animaux nerveux.
J’avais atteint les champs souhaités et y faisais entrer les animaux lorsque des hurlements retentirent dans la nuit.
Je ne put retenir un frisson.
L’air semblait soudain s’être rafraîchis.
Poussant la dernière bête, je fermais précipitamment la barrière et fit volte face car un craquement de brindille m’avait fait sursauter.
Un homme, d’une trentaine d’année, les cheveux blonds, vêtu d’un costume des plus étranges se tenait à quelques pas de moi.
Il me fit une courte révérence et lança d’une voix chaude.
- Je vous salut, Aliana, je suis désolé de vous avoir effrayé car telle n’était pas mon intention.
Je sentis mon cœur s’affoler, comment connaissait-il mon prénom ?
Dans ses yeux brillaient une lueur étrange, un sourire carnassier découvrait des dents fines et pointues et sa peau était pâle, si pâle.
Le vertige s’empara de moi et je me sentis défaillir.
Je serrais violemment les poings et me mordis les lèvres, un goût âcre et métallique empli ma bouche. Ses yeux alors brillèrent ardemment et s’approchant doucement de mon visage, il me baisa les lèvres.
Quand il s’écarta, les siennes étaient couvertes de sang.
Portant mes doigts à ma bouche, je la ramenais tachée du précieux liquide vermeil.
Me caressant le visage d’une main qui me sembla de glace, il me dit.
- Devenez ma compagne !
J’avais l’impression de me noyer dans ses yeux de faire partie de lui, il me promettait dans son regard, une vie nouvelle, un amour intense, des sensations indescriptibles et je ne pus qu’acquiescer.
Je savais qu’il m’apportait la mort et pourtant j’acceptais avec joie.
Délicatement, il approcha ses lèvres de mon cou et se mit à boire ma vie.
Je sentais mon sang quitter mon corps et pourtant ce n’était pas désagréable.
Mon esprit était en paix et je me sentais si bien dans ses bras qui peu à peu se réchauffaient, que je ne pensais alors ni au salut de mon âme, ni à mes parents, ni à Dieu.
La seule image qui me traversa fut celle de Mathilde, la douce Mathilde qui verserait sur ma tombe toutes les larmes de son corps.
Alors que le voile noir de la Mort m’enveloppait déjà, un liquide chaud se mit à goutter sur mes lèvres et inconsciemment, je saisis le poignet qui en était la source et l’attirait à moi.
Je bus avidement, puis me laissait retomber sur l’herbe fraîche où mon sire m’avait déposée. Il me parlait mais je ne comprenais pas ses mots, c’était un peu comme un bourdonnement lointain et rassurant.
Au bout de quelques instants je sentis mon corps se révolter et la douleur me submergea, je savais que mon protecteur était près de moi, mais j’avais si mal que je ne pouvais pas me concentrer sur ses paroles et ses conseils, puis j’entendis un martèlement sourd au sol, mais ce n’était pas les vaches. Mes sens se décuplaient et les yeux fermés je pouvais les situer, reconnaître chacune d’entre elle par son odeur et sentir leur nervosité et leur peur. Non, le danger venait d’ailleurs, une odeur fauve de rage et de haine, une odeur, que je n’aimais pas instinctivement s’abattit sur moi, me submergeant. Je me sentis alors soulevée puis transportée, et je crus un moment que je volais tant le paysage défilait vite devant mes yeux.
La douleur s’amenuisa quelques peu et je pus distinguer ce qui m’entourait. Nous ne volions pas, mon sire m’avait chargé tel un paquet sur son épaule et courrait à une vitesse prodigieuse.
Lorsqu’il s’arrêta et me posa au sol, je devais encore le dévisager d’un air ahuri car il me lança un sourire attendri.
“ Je vous expliquerais plus tard... ”
Ce furent ses dernières paroles.
Une lance de bois venait de lui traverser le dos et lui ressortait par la poitrine à l’endroit du cœur.
Avant qu’il ne soit tombé quatre bêtes gigantesques mi-homme, mi-loup l’avaient saisit et plaqué au sol.
Je n’y comprenais rien.
Je me mis à hurler et l’un d’eux se releva et d’une gifle m’expédia à six mètres de là, à moitié assommée.
La puissance de son coup aurait décapité un mortel, mais de mortel je n’avais plus que l’apparence et me relevant en titubant, je fis quelques pas vers eux.
Sans tenir compte de moi, ils frappaient à qui mieux mieux l’homme qui m’avait donné son sang.
De leur griffes acérées, ils labouraient son corps, de leurs crocs féroces, ils déchiraient ses chairs, et lui qui ne bougeait pas, pourquoi ne se défendait-il pas ?
Je me jetais dans la mêlée et en écartais un, il voulut me saisir la gorge de ses griffes ensanglantées, mais à ma surprise je parvins à l’éviter, alors sans en connaître la raison je saisis le gigantesque pieu de bois qui traversait mon sire et l’arrachais.
Il poussa un cri terrifiant et se jeta sur ses agresseurs, de nouveau le sang se mit à couler mais ce n’était plus celui des vampires, mais des loups garou. Malheureusement, très vite d’autres de leurs frères arrivèrent et je nous vis perdus, les coups pleuvaient, la douleur m’avait fait perdre tout sens de réalité et je me trouvais incapable de penser, alors je sentis un corps me heurter et me recouvrir, et il n’y eut plus que des chocs atténués de beaucoup, presque comme dans un songe.
Un hurlement inhumain retenti, mais ce n’était ni mon sire, ni les loups garou.
Au fond de moi je le savais.
Il s’agissait de quelque chose d’autre, d’une présence dont je n’avais rien à craindre.
Je sentis dans le sol, la course des lupins qui fuyaient, et une main puissante souleva le corps qui me recouvrait.
A travers un voile rouge, je vis le vampire blond, son dos lacéré exposait ses os à la lumière crue de la pleine lune, son visage était crispé de douleur, et ses yeux immobiles et vitreux. La mort déjà était à son oeuvre pour la seconde fois.
Il avait donné sa vie pour moi, sachant qu’il n’en réchapperait pas, il m’avait protégé jusqu’à la fin.
Je sentis les larmes envahir mes yeux et la faiblesse gagner tous mes membres, alors pour la seconde fois cette nuit là, un vampire me fit boire de son sang, un sang qui n’avait rien à voir avec celui de l’homme blond dont je ne connus jamais le nom. Il était puissant, riche et en quelques secondes, je vis mes blessures se refermer et une nouvelle force me parcourir.
Le vampire qui m’avait sauvé me tendit alors la main, m’aida à me relever et me lançant un petit sourire triste, se présenta “ Mathieu De La Chapardière ”.
Il est devenu mon mentor mais je vous conterais tout ceci une autre fois.
A TRES BIENTOT CHERS AMIS
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